Nombre de messages: 331 Age: 15 PUF/Surnom: Fumée and Bouboule Rang Cours RPG: Lieutenant. Amour: Eh non ! Autre(s) Compte(s): ~ Espoir d'Oxyde Avertissements:
Sujet: Le vent soufflait des idées | PV | Mirage Printanier ~ 19/12/2011, 14:28
Le vent soufflait des idées
"L'espoir est comme le vent. Quand on y croit, il nous est favorable. Mais quand on renonce, il s'échappe sans qu'on le voit"
Une chute. Silencieuse et discrète. Sans un bruit, dans l’ombre de l’arbre, seules quelques feuilles chutaient. Les dernières de cette saison aux couleurs magnifiques. Le chat au pelage sombre qui se tenait silencieusement à côté de cet arbre regardait sans un mot ces âmes de l’arbre tomber. Dans son esprit défilaient des images de son passé. Moment de nostalgie ineffable. Une de ses feuilles furtive vint se poser sur l’épaule de Nuage de Fumée. Sa nuance de marron reflétait le bleu des yeux du chaton. Ces yeux perdus à l’horizon, rêvassant doucement. Le minou continua un moment sa contemplation, son pelage secoué légèrement par le vent, ne remuant pas d’un poil. Après ce simple moment, le petit chat se leva lentement, faisant tomber en même temps la feuille étrangère qu’il avait sur lui. Le chat cendré s’ébroua vivement, chassant invisiblement ses souvenirs mauvais et sa mélancolie. Son passé appartient au Passé. Le Présent étant fait pour ce vivre, c’était sur cela que Nuage de Fumée devait se concentrer. Le chat au pelage maussade s’étira brièvement avant de faire quelques pas. Il leva la tête et se retrouva face au ciel. Celui-ci sembla vouloir marcher sur terre et courir avec les êtres vivants. Il semblait tout près, maniant ses nuages bas. Un vent coléreux soufflait durement, faisant envoler les fines gouttes qui étaient accrochées à la verdure. Le ciel était sombre et inquiétant, teinté du gris au pâle de la lumière essayant de s’infiltrer à travers les épais nuages. Ceux-ci aussi étaient menaçants, gonflés comme si le vent avait une ouverture pour venir s’installer à travers eux. Et ils étaient bien sombres, gris foncés. Un ciel de tempête, presque. Sur le sol du camp, Nuage de Fumée regardait le ciel. Le dieu là-haut le regardait aussi. Et sa couleur était la même que celle du pelage du félin en bas. Haut, bas. Verticale, horizontal, horizon. Seul au milieu du vent et de la fine pluie. Tant de similitude d’un chagrin passé. Mais les douleurs sont présentes.
Le vent grondait éternellement, emportant son lot de feuilles mortes, telles libérées de la vie, et d’un poids qui était trop immatériel. Nuage de Fumée s’arracha au spectacle des caprices du ciel qui se tenait au dessus de lui pour aller voir le tas de gibier. Mais l’apprenti du Tonnerre remarqua qu’il n’avait pas faim. Il voulait un peu de marge, de liberté tant voulue. Un peu pour lui aujourd’hui, alors que la nature, elle, faisait ce qui lui plaisait en jouant avec les éléments. Un peu de couleurs trop ternes dans la vie… La pluie, maintenant. Elle arriva d’un coup, tel la foudre qui frappe. Un bruit sourd, irréelle. Puis des bruits. Le plic-ploc régulier. De cette eau divine qui tombe sur le sol. On aurait put dire que ce son semblait être le même que celui du sable dans le sablier du temps. Ou le battement de la vie. Régulier, simple, rythmé, puissant, céleste, vivant. Telle la note de musique, dans ce qu’on aime. Se baladant dans notre tête, et qui ne la repousse pas tant elle est familière. Rythme. Continu. Changement de jeu. Nous connaissons tous ça. Plic, ploc. Tin-tin. Toudoum. Le temps, l’espace, le ciel, la vie. Juste des couleurs pour le monde. Juste une création réussie.
Un froissement d’ailes brisa le seul silence de la pensée. Un corbeau noir passa au dessus du félin gris. Projetant son ombre au dessus du chat. Mais dans l’obscurité grandissante, nul ne la remarqua. L’averse qui grossissait et s’intensifiait en se répétant glaça l’âme, le cœur et le corps de Nuage de Fumée. Elle tombait, inlassable. Froide comme la neige, dure comme la pierre, brulant comme le feu, sadique comme la vie. Le félin au pelage pareil à la tempête regarda un instant son pelage trempé. Ses poils épais retenaient l’eau. Mais il ne voulait pas s’abriter. Son cerveau semblait divaguer. Mais n’était-ce pas la folie qui aurait crée la vie ? Il sentait sans ressentir cette eau. Et il pensait qu’elle entrainait avec elle son passé trop lourd et cruel. Effaçant ses erreurs immortelles. Cassant son chagrin. Une bonne douche froide pour repartir de zéro. Comme si le sort s’occupait de chacun d’entre nous… impensable, impossible. Et ce félin qui voulut rester sous la pluie pour ne plus être seul. Malgré sa volonté, il resta seul sous le déluge glacé et brulant. Seule ombre invisible dans la grisaille.
Nuage de Fumée consenti enfin à bouger. Les rares chats qui restait sous la pluie, affrontant la fureur du vent qui hurlait aux oreilles et le regard d’acier du ciel se préparaient à s’abriter. Et vu que personne ne ce souciait de lui, que tout le monde se cachait en fuyant les intempéries, Nuage de Fumée saisit une chance. D’une soirée de liberté. De défi de la nature. Contre les éléments déchainés. Le défi est de sa nature. Alors le petit chat gris s’ébroua en faisant un peu d’eau de son pelage et courut. Il couru sut le sol glacial et boueux. Ses pattes dérapaient et s’enfonçaient mais il continua. Jusqu’à être sortit du camp. Son corps gelé se figea quand il reçu de l’eau tombée d’un arbre sur le visage. Il fut transi jusqu’à l’âme, jusqu’à l’ombre. Et le félin remarqua presque pour la première fois qu’il avait froid, le vrai froid. Qu’il était glacé de partout, que ses pattes sans chaleur lui faisaient mal. Il s’abrita sous un massif de buissons. Un instant. Et ceux qui diraient, s’ils étaient avec lui, qu’il n’avait pas le temps, le loisir de choisir de s’arrêter, il leurs répondrait : un instant dans une vie, que-ce donc vraiment ? Une longue faite de surprise, de chagrin, de joie ou encore de désir, que-ce donc ? Un simple instant glacé…
L’intensité de l’averse faiblit. Nuage de Fumée passa le bout de son museau hors du massif pour vérifier. Alors il sortit maladroitement de la verdure. Dehors, le calme régnait presque. Le ciel maintenant plus dégagé offrait les belles couleurs du soleil renaissant après la tempête. Il s’était teinté de nuances de jaunes et d’éclaircis. Son gris ténébreux fondait. Les nuages étaient devenus plus petits, plus clairs. Le vent soufflait toujours, mais il semblait maintenant murmurer des mots apaisants. Sa puissance avait baissée. La pluie, elle, continuait mais elle ne faisait pas exception à la règle. Elle tombait moins drue. Le mauvais temps était passé. Le soleil pointait même dans le ciel propre, réchauffant un peu les êtres vivants. Nuage de Fumée inspira l’air pur et sec un bon coup. Au moins maintenant il avait les idées claires. Le sol très humide et trempé glissait sous les pattes du chaton. Tout autour de lui, l’eau roulait encore des buissons et des rares feuilles. Le chat gris réfléchi où il pouvait se rendre. La seule question qu’il se posa maintenant. Il s’assit doucement, pensif. Après une minime intervalle de temps, le félin au pelage pareil à la fumée se dit qu’il pourrait se diriger vers le Chemin du Tonnerre. Nuage de Fumée ne l’avait pas vraiment déjà vu de tout près. Il assura son choix. Donc le félin aux yeux bleus se mit en route vers ce lieu redouté comme la mort. Tant de chats y sont décédés, renversés, écrasés, écrabouillés, détruits par les ’’monstres’’ qui passent sur cette route démoniaque. Le minou se mit à courir, courir comme si la vie en dépendait. D’une seule façon, mettre pas à pas devant soi, mettre son destin sur un chemin. Le vent soufflait toujours, gémissant comme si il voulait s‘arrêter Le ciel était en accord avec lui, se teintant des couleurs du soir. Les feuilles trempées et vaseuses collaient aux coussinets du chat gris. Les branches cassées et mortes entravaient le passage du matou. En plus de la pluie faiblissant, les flaques d’eau refroidissaient plus Nuage de Fumée. Le chat gris était transi. Dans cette forêt trempée comme un poisson, le froid s’installait. La fourrure du félin lui collait à la peau. La forêt semblait presque être étrangère après la petite tempête. Mais les bois semblaient morts, vide. Pas un oiseau ne chantait, pas un rongeur ne courait. Le félin continua sa route dans l’humidité, toujours aussi glacé. Seule sa volonté lui brulait le cœur.
Le félin au pelage sombre déboucha à l’orée de la forêt. Malgré l’humidité de l’air, on pouvait sentir d’ici la présence du Chemin du Tonnerre. Le novice marcha encore un peu avant d’entendre un rugissement grave et continu. Aucuns bruits dans la forêt ne ressemblaient à ça. Il contourna un arbre et l’aperçu. Le Chemin du Tonnerre. En face du minou au pelage pareil à un ouragan se tenait une ligne droite qui paraissait infinie. De couleur noir-grisâtre. La puanteur sauta à la gorge du chaton. Il cracha de dégout. Il fit quelques pas quand il entendit puis vit arriver quelque chose sur le chemin. Un bruit horrible retentit dans les oreilles du chat. Il crut qu’il allait devenir sourd à jamais. Se tenant et avançant devant lui, un monstre. Une sorte de carapace l’enveloppait, luisant à la maigre lueur du soleil. Il avançait prudemment, car la route était recouverte d’eau. Il passa sans voir le chat du Clan du Tonnerre. Nuage de Fumée savait dès lors qu’il n’oublierait jamais cet endroit atroce. Ce n’était pas un endroit pour un chat. Pour quiconque, d’ailleurs. La mort elle-même semblait jouer sur cette route, attendant le bon moment pour agir. Le félin gris secoua la tête. Il était quand même content d’être venu ici, encore découvrir. Le minou avait tenu une promesse qu’il avait faite, qu’il s’était fait. Il y a bien longtemps… Il s’assit un instant pour lécher son pelage. Un autre monstre passa, créant un souffle qui manqua de renverser le minou. L’apprenti se dit qu’il était peu être temps de rentrer. L’odeur acre de l’endroit confirma sa pensée. Brulant la gorge, piquant les yeux, chamboulant l’esprit. Le félin se leva et s’étira avant de bâiller. Il se remit en route. Il choisit de longer cette route pour couper par les bois. Il continua donc, marchant. Vers son idée. Vers la soirée. Quand le félin s’aperçu qu’il était trop loin, l’aiguille du temps avait déjà tournée. Il était maintenant vers la limite du Chemin, plus près du territoire neutre. Le territoire du Clan du Vent était aussi très proche. Le félin grogna. Il s’était perdu. Où vraiment était-il ? Les odeurs l’aidaient. Malgré cela, le chat gris ne savait pas vraiment où il était. Une idée lui vint au subconscient. Le minou du Tonnerre grimpa dans l’arbre le plus haut qu’il trouva ici. Le tronc était glissant et mousseux. Les branches nues n’offraient guère de protection. En haut, Nuage de Fumée se repéra assez facilement. Son itinéraire en tête, le petit chat descendit d’une branche et sauta sur le sol. Il atterrit lourdement. Quand il releva la tête, un chat était assis à quelques pas de lui. Il était assez mince, et élégant. Son pelage brillait doucement, reflétant la couleur marron de ses yeux perçants. Son pelage rayé blanc et marron était lisse et scintillant. Le chat le regardait. Nuage de Fumée se remit droitement sur ses pattes et il balaya le sol de sa queue. Nuls sentiments de panique ne s’emparèrent de lui. Il se contrôlait. Il jeta un coup d’œil au chat inconnu qui le dévisageait et il s’assit. Le chat gris se lécha la patte droite, puis il planta son regard dans celui qui l’observait. Le petit chat sentit l’odeur du Clan du Vent, apportée par le nouveau venu. Que faisait-il là ? Ce chat avait traversé la frontière. Nuage de Fumée le scruta. Il vit qu’il était plus âgé que lui, et surement plus expérimenté. Malgré cela, il n’était pas dans son droit et le félin au pelage pareil au brouillard devait le remettre à sa place. Avec et un peu de chance, il n’y aurait pas de combat. Car si un affrontement se déclenchait, Nuage de Fumée ne donnait pas cher de sa peau… Le soleil envoya ses rayons magiques sur les deux félins. Les nuages gris s’en allaient, laissant place à un ciel plus transparent; Nuage de Fumée réfléchit un instant. La peur ne s’était pas emparée de lui, il se sentait plutôt bien. Le chaton inspira un bon coup. Mais juste des odeurs nauséabondes lui répondirent. Puis le félin au pelage sombre déclara d’une voix calme et respectueuse :
« Que fais-tu ici ? Tu es sur le territoire du Clan du Tonnerre. »
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